vendredi 17 février 2012

Nefertiti

Le joyau de ce musée est incontestablement le buste de Nefertiti.
Oui le musée égyptien a déménagé de l'aile du château de Charlottenburg où il était bien à l'étroit. Il est désormais parfaitement mis en valeur dans ce décor exceptionnel.


On ne peut photographier la dame, ni la superbe chapelle où elle trône solitaire. Mes illustrations sont des cartes postales.

Le nouveau musée

Merci Magali pour le précédent commentaire, bien utile pour comprendre la suite. Noius sommes coutumiers des trésors du Louvre et du British Museum, mais nous ignorons souvent celles des musées de Berlin, qui les valent largement...

Le nouveau musée, comme son nom ne l'indique pas, est ancien (1859); laissé à l'abandon par la RDA, il a reçu un lifting complet par David Chipperfield, le célèbre architecte britannique (Tate Modern notamment). Le génie de Chipperfield est d'avoir conservé les parties anciennes, qui alternent avec des structures modernes quand nécessaire. Absolument magique: des colonnes antiques, des pavements en mosaïque, des peintures murales, des plafonds ouvragés, le tout soutenu par des matériaux modernes discrets. Une véritable réussite, on ne sait où donner des yeux.
Certaine que les enfants vont se rappeler les peintures murales de ma cuisine...(je n'avais pas de Chipperfield sous la main pour les conserver)

jeudi 16 février 2012

Le musée de Pergame

Mon objectif n°1 était de revoir l'île aux musées, tous rénovés depuis la réunification. Au Pergamon, je n'ai pas vu grande différence. Tout est toujours en place, l'autel monumental de Pergame, le marché de Milet et les portes de Babylone. Et on se demande ce qui est le plus impressionnant, les monuments eux-mêmes, ou la taille du bâtiment pour les contenir, ou les problèmes de transport de tous ces cailloux. Pergame et Milet, ne l'oublions pas, sont en Turquie - et les ruines de ces cités sont de vraies ruines: tout ce qui est entier se trouve ici, à Berlin. Quant à Babylone, n'en parlons pas... Toujours le même problème: est-il convenable d'emporter toutes ces richesses dans les musées occidentaux ? Leur protection est-elle une justification ?


J'ai eu la surprise de découvrir des bas-reliefs hittites (découpés sur place ?), et des tas d'objets provenant de Priène... A Priène, il n'y a rien que le paysage, des ruines et ... pas de musée. Ceci dit, le musée de Pergame est d'une phénoménale richesse, ce que j'avais un peu oublié, et je m'y suis régalée.

Le musée Nolde

Musée récent, une première visite pour moi; j'adore les expressionnistes allemands, et parmi eux, Nolde tient une place de choix, pour ses couleurs.  Une petite déception: les toiles exposées reprennent le thème de la religion. Passionnant, mais en fait j'ai un faible pour les paysages et les fleurs de Nolde. Faudra revenir, ou aller enfin à Seebüll (près de la frontière danoise, la maison du peintre, transformée en musée)


Photos: Adam et Eve, très suggestifs; et deux de mes toiles préférées.

Alexander Platz

Or donc, je fus à Berlin ces derniers jours... Et je posai mes valises Alexander Platz, en souvenir du livre d'Alfred Döblin.
Mais aucun rapport entre l'Alexander Platz de Döblin, lieu interlope de tous les trafics au début du 20ème, et ce que les communistes de la RDA en ont fait, un lieu sinistre déserté de toute vie. Je vous entends, vous me dites que la réunification a eu lieu il y a plus de 20 ans, et que l'Alexander Platz est passée à la modernité. Bof. C'est toujours le royaume du béton triste, et la seule concession au capitalisme est le consumérisme: on y trouve toutes les grandes chaînes d'habillement et leurs pubs géantes. Mais l'affreuse fontaine de l'amitié entre les peuples est toujours là; juste que les espèces de punks accompagnés de chiens qui n'étaient pas nés au temps du mur ont élu domicile dans la gare de métro, à cause du froid sibérien.

jeudi 19 janvier 2012

Antigone

Eh bien, oui, j'y suis allée ! Après tant et tant de discussions sur l'opportunité d'écouter le texte de Sophocle chanté par Bertrand Cantat - après tant de tergiversations, mon avarice (j'avais une place gratuite) et ma curiosité l'ont emporté sur mes principes.
Le malaise, je l'avais, surtout quand le choeur parle de violence, de folie des hommes. Je ne sais si la salle (bourrée de jeunes) partageait mes scrupules: j'ai entendu derrière moi un jeune homme demander à ses amis qui était Cantat...
Le texte n'a pas vieilli d'un pouce, d'une rare puissance, jamais égalée, sauf par Shakespeare: un cri de révolte pour la justice, contre la violence et la dictature. Antigone, une de mes héroïnes préférées.
La mise en scène de Wajdi Mouawad est vraiment bluffante, absolument dépoussiérante; les acteurs sont bons - Coryphée remarquable, Tiresias (joué par une femme) également. Antigone est à la fois fragile et inflexible. Les costumes très rock'n roll, avec un petit air de Matrix. La musique (du rock pur et dur) donne une autre dimension au choeur. Mais celui qui transcende tout, par sa présence, sa voix déchirante, la vedette, c'est Cantat.

jeudi 12 janvier 2012

Britannicus ou les alexandrins en skateboard

Bon, d'accord, pas de skateboard, mais bien une rampe à skateboard en guise de scène, et les acteurs obligés de monter et de descendre (en courant) ou de s'immobiliser dans d'inconfortables positions pour déclamer du Racine. Jeux d'ombre et de lumière intéressants, couleurs bleutées ou orangées, atmosphère de polar pour une tragédie antique. Costumes d'époque, mais on ne sait pas très bien de quelle époque, très shakespearien, renforce l'universalité du sujet. Public essentiellement composé de jeunes, qui certainement sont venus contraints et forcés; et pourtant... que tous ces jeunes de la génération Facebook soient capables de rester deux heures en silence, sans bouger, sans manger, sans téléphoner, à écouter des alexandrins, j'avoue que ça me redonne confiance dans le monde.
Le texte n'a pas vieilli. Enfin, c'est mon avis ! Le sujet non plus, pouvoir, amour, trahison, folie...Et cette mise en scène rafraîchit la pièce, souvent alourdie par l'emphase des comédiens et les déguisements qu'on leur impose. J'ai passé un bon moment.
D'aucuns diront que je deviens sourde, mais Agrippine, je ne la comprenais que lorsqu'elle était en colère.

Tournai, maison de la culture