vendredi 17 février 2012

L'ancien musée

A peine plus ancien que le nouveau (1830), ce beau musée classique propre comme un sou neuf renferme tout ce qu'on n'a pas pu caser dans les deux autres. Et on se demande où cette pléthore de richesses va s'arrêter.



Comme il faut bien qu'on ait des préférences, voici les miennes: un beau tombeau étrusque, un portrait émouvant (sarcophage romain période tardive) et surtout- l'or des Scythes, ces nomades qu'on nous décrit à la fois brutes et raffinés. En tout cas aimaient la belle bijouterie.

L'or de Troie



Un trésor rocambolesque, probablement pas troyen pour un sou, mais prétendu tel par Schlieman, le découvreur et "inventeur" de Troie. L'on sait maintenant que l'archéologue amateur s'est trompé dans les datations des différentes couches des villes fouillées à Hissarlik, en Turquie, à l'endroit présumé de la ville légendaire. Le "trésor de Priam", ensemble de bijoux attribués à Hélène, provient de différentes trouvailles et ne peut être daté avec certitude. Néanmoins, ce sont de très belles pièces, qui fascinent le public - moi y compris. Exposés à Berlin, ces fameux bijoux ont été emportés par les Soviétiques comme butin de guerre en 1945. Et pas encore restitués. Ou en partie, tout cela est embrouillé et presqu'incompréhensible. J'ai tenté de les voir au musée Pouchkine, à Moscou, mais la salle était fermée. Ils sont exposés au "nouveau musée"de Berlin, certains, paraît-il, étant des copies... (mais lesquels ?)

Nefertiti

Le joyau de ce musée est incontestablement le buste de Nefertiti.
Oui le musée égyptien a déménagé de l'aile du château de Charlottenburg où il était bien à l'étroit. Il est désormais parfaitement mis en valeur dans ce décor exceptionnel.


On ne peut photographier la dame, ni la superbe chapelle où elle trône solitaire. Mes illustrations sont des cartes postales.

Le nouveau musée

Merci Magali pour le précédent commentaire, bien utile pour comprendre la suite. Noius sommes coutumiers des trésors du Louvre et du British Museum, mais nous ignorons souvent celles des musées de Berlin, qui les valent largement...

Le nouveau musée, comme son nom ne l'indique pas, est ancien (1859); laissé à l'abandon par la RDA, il a reçu un lifting complet par David Chipperfield, le célèbre architecte britannique (Tate Modern notamment). Le génie de Chipperfield est d'avoir conservé les parties anciennes, qui alternent avec des structures modernes quand nécessaire. Absolument magique: des colonnes antiques, des pavements en mosaïque, des peintures murales, des plafonds ouvragés, le tout soutenu par des matériaux modernes discrets. Une véritable réussite, on ne sait où donner des yeux.
Certaine que les enfants vont se rappeler les peintures murales de ma cuisine...(je n'avais pas de Chipperfield sous la main pour les conserver)

jeudi 16 février 2012

Le musée de Pergame

Mon objectif n°1 était de revoir l'île aux musées, tous rénovés depuis la réunification. Au Pergamon, je n'ai pas vu grande différence. Tout est toujours en place, l'autel monumental de Pergame, le marché de Milet et les portes de Babylone. Et on se demande ce qui est le plus impressionnant, les monuments eux-mêmes, ou la taille du bâtiment pour les contenir, ou les problèmes de transport de tous ces cailloux. Pergame et Milet, ne l'oublions pas, sont en Turquie - et les ruines de ces cités sont de vraies ruines: tout ce qui est entier se trouve ici, à Berlin. Quant à Babylone, n'en parlons pas... Toujours le même problème: est-il convenable d'emporter toutes ces richesses dans les musées occidentaux ? Leur protection est-elle une justification ?


J'ai eu la surprise de découvrir des bas-reliefs hittites (découpés sur place ?), et des tas d'objets provenant de Priène... A Priène, il n'y a rien que le paysage, des ruines et ... pas de musée. Ceci dit, le musée de Pergame est d'une phénoménale richesse, ce que j'avais un peu oublié, et je m'y suis régalée.

Le musée Nolde

Musée récent, une première visite pour moi; j'adore les expressionnistes allemands, et parmi eux, Nolde tient une place de choix, pour ses couleurs.  Une petite déception: les toiles exposées reprennent le thème de la religion. Passionnant, mais en fait j'ai un faible pour les paysages et les fleurs de Nolde. Faudra revenir, ou aller enfin à Seebüll (près de la frontière danoise, la maison du peintre, transformée en musée)


Photos: Adam et Eve, très suggestifs; et deux de mes toiles préférées.

Alexander Platz

Or donc, je fus à Berlin ces derniers jours... Et je posai mes valises Alexander Platz, en souvenir du livre d'Alfred Döblin.
Mais aucun rapport entre l'Alexander Platz de Döblin, lieu interlope de tous les trafics au début du 20ème, et ce que les communistes de la RDA en ont fait, un lieu sinistre déserté de toute vie. Je vous entends, vous me dites que la réunification a eu lieu il y a plus de 20 ans, et que l'Alexander Platz est passée à la modernité. Bof. C'est toujours le royaume du béton triste, et la seule concession au capitalisme est le consumérisme: on y trouve toutes les grandes chaînes d'habillement et leurs pubs géantes. Mais l'affreuse fontaine de l'amitié entre les peuples est toujours là; juste que les espèces de punks accompagnés de chiens qui n'étaient pas nés au temps du mur ont élu domicile dans la gare de métro, à cause du froid sibérien.