jeudi 16 juin 2011

Jeff Wall

Les amateurs de photos connaissent à coup sûr son nom et ses grandes photos dans des caissons lumineux. "Tableaux photographiques", selon l'auteur, c'est-à-dire mises en scène de la réalité, pas toujours spontanées. Wall s'inspire du cinéma, de la peinture, de la littérature, et prétend recréer une sorte de théâtre de la vie moderne.
Expo ambitieuse, s'articulant autour de quelques oeuvres marquantes de l'artiste et de celles d'autres artistes, peintres, écrivains, autres photographes, dont il s'est inspiré. Pour quelqu'un comme moi plutôt néophyte en photographie, passionnant.
Illustrations:
- Le penseur et son poignard dans le dos...
- "The Crooked path", qui donne son nom à l'expo; 5 écrivains de diverses origines ont créé un texte à partir de cette photo; si Magali veut s'y risquer...


Bozar, jusqu'au 11 septembre

mercredi 30 mars 2011

Shen Yun

Hier soir, dans la belle salle du Théâtre National à BXL, un spectacle de danse classique chinoise, dont l'ambition est d'évoquer (vraiment en raccourci) une civilisation de milliers d'années. Je rêvais plutôt d'un opéra chinois, dont je raffole, mais le spectacle surfait davantage sur la vague de la danse ethnique ou folklorique, en une série de tableaux se voulant didactiques, sur une musique d'orchestre hybride (instruments classiques + quelques instruments typiquement chinois).
Ce que j'ignorais (on ne se documente jamais assez), c'est que cette compagnie, basée à New York, et rassemblant des artistes de la diaspora et même de la dissidence, est interdite en Chine parce que diffusant le message de la secte religieuse Falun Gong, persécutée par Pékin.
Rien à dire de la mise en scène, somptueuse, des décors, des costumes, de la technique des danseurs, très au point, mais lorsque les apsaras descendent du ciel pour emporter avec elles le brave garçon tué par la méchante police parce qu'il n'a pas voulu renoncer au livre saint de la secte, on frise la niaiserie. Quand un sympathique tenor enchaîne avec les principes de base du falun Gong, ou que le maître apparaît, tout de blanc vêtu, intermédiaire entre un moine bouddhiste et un sénateur romain, c'est limite aussi. J'ai cependant passé une bonne soirée, visuellement parlant. Quant au message...même Poutine et Medvedev, en s'affichant à certaines cérémonies du culte, ont compris qu'il faut lâcher du lest dans ce domaine ! Interdire cette secte naïve ne fait que la conforter, non ?

mercredi 16 mars 2011

Le cercle de craie caucasien

Une pièce fleuve de Bertold Brecht - 50 personnages - mise en scène par Jasmina Douieb (ne me demandez pas qui c'est mais n'oubliez pas le nom); le tout avec quelques coupures, et  les 50 rôles joués par 7 acteurs fabuleux, qui changent de personnage et de costume devant le public (pas de coulisses) !!! Un mélange de burlesque (un petit côté Ubu roi), d'épique, de tragico-comique, sur les thèmes favoris de Brecht, avec des marionnettes, des chansons, des poèmes, des acobaties. On ne s'ennuie pas une seconde.
Pour ceux qui veulent la clé du titre: il s'agit de départager à la Salomon deux mères qui réclament le même enfant; qui l'emportera, la génitrice ou celle qui l'a élevé ? Je vous laisse deviner.
A Fleurus, ferme de Martinrou - avec une pensée pour mes filles Emmanuèle et Delphine, qui se sont mariées le même jour, repas dans la salle voisine du théâtre- et... j'espère que Raymond lit ce billet - à la Maison des jeunes et de la culture à Comines-Warneton...

mercredi 23 février 2011

L'Amérique, notre histoire...


Autre expo, à Bruxelles, Tour et Taxis. Consacrée aux rapports entre l'Europe et les States. Très didactique. Sur le thème "je t'aime moi non plus"; on aime afficher une sorte d'antiaméricanisme, mais on adopte les yeux fermés toutes les modes qui viennent de là-bas, pêle-mêle musique, jeans, ciné, malbouffe... Un thème ressassé. Sur le plan historique, très utile pour la jeune génération.

J'ai voulu y faire un tour en préparation à mon prochain voyage...



Anselm Kiefer







Gratifiée de 4 étoiles dans mon quotidien, cette expo au musée des BA à Anvers tient ses promesses: 22 tableaux de (très) grandes dimensions dans un musée ... vide (en rénovation); lieu d'exposition idéal pour mettre en valeur ces immenses compositions mêlant peinture, plomb, plâtre et autres techniques. Sur les gigantesques murs blancs de ce bâtiment massif à la mode du 19ème. On reçoit un petit guide multilingue, décryptant le sens de chaque oeuvre, au cas où il nous échapperait... A vrai dire, je ne sais si c'est une bonne chose de décortiquer ainsi ce qu'un peintre à voulu exprimer; me rappelle mes années d'école; personnellement, j'apprécie avant tout le point de vue esthétique et le vagabondage de ma pensée. N'empêche, un super moment.


Sur le lien, d'autres photos, et quelques explications pour ceux qui ne connaîtraient pas Kiefer...

mercredi 9 février 2011

Missie


"Mission" en néerlandais, tout un programme, et une pièce qui fait fureur à Bruxelles avant de s'exporter à l'étranger...

Grâce à ma belle-fille (encore merci Marie), j'ai pu voir cette pièce à Tournai, bien avant qu'elle fasse les titres des quotidiens.

Une performance d'acteur - incroyable Bruno Vanden Broecke - seul en scène pendant deux heures, pour incarner un Père blanc septuagénaire, de retour du Congo. On mord au propos, même si comme moi on est anticolonialiste et athée. On en oublie que l'acteur n'est pas ce missionnaire désabusé, revenant d'un pays en proie aux guerres et aux dérives les plus sordides, doutant du sens qu'il a donné à sa vie mais aussi dégoûté par le matérialisme de sa Flandre natale, qu'il retrouve après de nombreuses années en "mission". Car l'acteur est flamand, et il s'exprime avec un délicieux accent qui me rappelle celui de...Ronald. Il paraît que cet acteur hors pair prépare une version en allemand et une autre en italien, pour jouer la pièce dans ces deux pays: je suis certaine que son talent fera des merveilles. Bravo l'artiste !

dimanche 16 janvier 2011

Les arbres de Giuseppe Penone




Une expo 4 étoiles (selon mon quotidien préféré) au musée d'art contemporain du Grand Hornu. Chaque fois que je me risque à une visite de ce musée, je retombe sous le charme du bâtiment, une vraie merveille - qui, tout en offrant aux exposants un espace unique et magnifique, eclipse totalement les objets exposés. C'est mon avis, un avis partial, évidemment. Les arbres sont dehors ou dedans, et même coupés, ou associés à des pierres. Une belle promenade à la nuit tombante, s'il ne fait pas trop froid...