dimanche 23 août 2009

Nuit musicale de Beloeil




Non je n'étais pas à Venise ce we, mais à Beloeil, pour ce gigantesque pique-nique dans le site unique du château des Princes de Ligne; des milliers de promeneurs dans la parc, 12 scènes proposant de la musique en boucle (qu'on puisse aller de l'une à l'autre et ne rien perdre), artistes prestigieux, illuminations, feu d'artifice... Thème : les compositeurs italiens, un florilège de musique baroque, d'airs d'opéra, de commedia dell'arte; et, se mêlant à la foule, des échappés du carnaval de Venise, masqués, toilettes somptueuses et attitudes hiératiques.


Ça, c'est le positif ! Le négatif, ambiance kermesse à la bière, tout le monde écoutant les concerts la Leffe à la main; va-et-vient perpétuel, on se lève au milieu d'un concerto pour aller voir ailleurs, on déballe ses tartines pendant que s'époumone la soprano, on fait crisser les pneus des poussettes d'enfant sur le gravier pendant un morceau de clavecin... Sans surprise j'ai préféré les deux concerts dans l'église (meilleure acoustique), même si là aussi les gens se levaient pendant le concert et secouaient la porte (fermée) pour sortir... L'admirable prestation du contre-tenor Dominique Corbiau (photo) s'est déroulée devant un public que j'ai trouvé grossier à l'extrême.
Mais ne boudons pas notre plaisir: c'était une belle soirée sans pluie dans un décor élégant et magnifique.


mercredi 5 août 2009

Tarzan


Eh quoi Virginie, tu es une adepte de l'homme singe ? Pas vraiment, mais c'est un mythe fascinant, non ? Créée en 1942 par Edgar Rice Burroughs, la série de Tarzan sera reprise au ciné et en BD (différents dessinateurs dont le plus célèbre est Burne Hogarth), avec un succès jamais démenti; même si le cinéma a véhiculé un racisme primaire et dénaturé l'oeuvre de Burroughs, certains films avec Johnny Weissmuller et Maureen Sullivan sont des chefs d'oeuvre (revoir le ballet aquatique).

Les sources d'inspiration de Burroughs sont multiples: Rousseau et le bon sauvage, Kipling et le livre de la jungle (mon personnage préféré est Rikki Tikki Tavi, la mangouste), la légende de la fondation de Rome (Romulus et Remus), les enfants sauvages, le darwinisme... Rien que cela valait bien une expo. En prime on a King Kong, des extraits en boucle des meilleurs films, des costumes africains somptueux, un parcours génial pour les enfants et le jardin du quai Branly transformé en jungle avec voix off. Du grand spectacle pour les 7 à 77 ans... Et une réflexion sans pitié sur notre vision de l'Afrique.

La dame à la licorne







Une découverte: le musée de Cluny, consacré au Moyen Age; très bel hôtel du XVème, et ruines de thermes gallo-romains... Ai flippé sur l'orfèvrerie (ah! les couronnes votives des Wisigoths ! !) et le plafond de la chapelle. Le top des collections: 6 tapisseries parfaitement conservées (bien sûr réalisées chez nous, en Brabant), sujet, une gente dame accompagnée d'une licorne qui me fait penser à... Haïduc !(dans l'attitude bonasse).



Dans les thermes, expo "Le bain et le miroir", petits pots de fard et coiffures extravagantes de ces dames du temps jadis. Passionnant.



Librairie très fournie; ai déniché un petit traité de la très célèbre médiéviste Régine Pernoud, où elle liquide avec fougue et érudition les idées reçues sur sa période de prédilection; non le Moyen Age n'est pas 1000 ans d'obscurantisme, vous dévorez ce livre, comme moi, en quelques heures, et vous serez convaincu(e).

mardi 4 août 2009

Vassili Kandinsky à Beaubourg




Souvenez-vous, le Guggenheim de New York était fermé pour travaux lors de mon passage, et j'ai fortement déprimé de ne pouvoir admirer leur célèbre collection de Kandinsky, essentiellement des "Compositions", pour la plupart abstraites (sauvées des Nazis qui les avaient décrétées "art dégénéré").


Sans doute pour me faire plaisir, le Guggenheim a fait voyager ses tableaux pendant la fermeture du musée, d'abord à Munich, et puis à Paris.


Pour que l'expo soit complète, Munich a prêté sa collection de tableaux expressionnistes, si bien que la rétrospective de Paris est un enchantement et un cheminement dans la tête de l'artiste, du figuratif à l'abstraction.


Kandinsky est un de mes peintres préférés, avec une prédilection pour la période de Murnau.


J'ai été surprise par la jeunesse du public: effet de l'été et des vacances ou réel intérêt ?

lundi 3 août 2009

La famille Lippi à Prato





















La gloire de Prato (Italie) est de posséder une ceinture sacrée ayant appartenu à la Vierge, et aussi d'avoir hébergé en son temps Filippo Lippi, le moine-peintre qui enleva par amour une jeune et jolie religieuse, avec laquelle il eut un fils, Filippino Lippi, peintre lui aussi, qui travailla avec Botticcelli.


Pas besoin d'aller à Prato pour s'émerveiller des peintures familiales, elles sont pour la plupart au musée du Luxembourg à Paris (ou plutôt elles étaient, car l'expo se terminait hier); on trouve des Lippi père et fils dans tous les grands musées, les voir rassemblés est une intéressante occasion à ne pas manquer(j'ai pourtant bien failli).


Ce que j'aime surtout chez eux et leurs contemporains c'est la beauté des visages de femmes et d'éphèbes. Les bébés sont en général complètement ratés.


Admirez la très moderne madone au Jésus emmailloté avec sa coiffure "mouillée" (excusez la taille du cliché), et l'autoportrait (qui n'en est pas un) de Lippi Junior.

lundi 20 juillet 2009

Faste et intimité


Une expo "sensorielle", rien de moins, dans le château néo-classique de Seneffe: la vie (d'aristo) au 18ème siècle. Vous y êtes presque, à glisser prudemment à l'aide de patins en feutre trop grands, sur les splendides parquets d'origine. Parcours initiatique, où l'on vous rappelle les désastreuses habitudes d'hygiène de l'époque: toilette à sec, superposition de robes (plusieurs fois par jour), et excès de parfums capiteux pour masquer les fâcheuses émanations corporelles. Grâce au ciel, notre odorat fut épargné, mais pas notre goût (que nous avons très aigu): la visite se termine par une dégustation de chocolat épicé, très en faveur au 18ème. Une belle après-midi en compagnie de Françoise et Nicole, mes amies du "Pérou" (dont vous ferez la connaissance, chers lecteurs, lorsque je serai parvenue à cette période de ma biographie).

Pour vous mettre l'eau à la bouche, visionnez donc cette petite annonce

En prime, dans le parc, des arbres que récitent de la poésie, et des installations très intéressantes de Bob Verschueren.

mercredi 10 juin 2009

Karel de Stoute




Rassurez-vous, ce monsieur vous est connu: il s'agit de Charles le Téméraire, fastueux et dernier duc de Bourgogne, à l'honneur dans une superbe expo à Bruges.


Je le trouve tout à fait séduisant, avec son collier de la Toison d'or, peint par Van Der Weyden. Il aimait le luxe, le grand luxe, et cette expo rassemble de nombreux objets "usuels" de la cour de Bourgogne, bijoux, échiquiers, vaisselle, vêtements et même matériel de camping pour aller à la guerre, qui ne cédait en rien au faste du sultan de Constantinople, tentes en soie ornées de tapisseries... J'aimais particulièrement un petit chapeau rond orné de perles et de plumes, absolument ravissant, mais je ne trouve nulle part de photo à vous transmettre (sauf dans le catalogue à 37 euros, que je n'ai pas acheté); et aussi cette mode des tuniques cintrées pour les hommes...


Se promener dans Bruges, c'est comme voyager à l'étranger: on y parle soit flamand (normal) soit anglais. J'avais oublié combien cette ville est belle, probablement une des plus belles d'Europe, avec Prague et St Pétersbourg. Cracovie et Varsovie peuvent aller se cacher. Quitte à paraître un peu chauvine, j'ai craqué pour les premières moules de l'année, et vraiment, les bouchots peuvent aller se cacher aussi...