samedi 5 novembre 2011

Indios no Brasil

Toujours dans le cadre d'Europalia, une expo passionnante au musée du Cinquantenaire. Indiens d'Amazonie, tout un programme... C'est qu'à ces mystérieuses et belliqueuses ethnies, on prête, encore maintenant, des traditions d'anthopophagie, de réductions de tête, d'inhospitalité. C'est oublier que nos conquistadores ont décimé ces tribus prospères par les maladies et les persécutions en tous genres (dont la déforestation). Dans mon imagerie personnelle, les tribus d'Amazonie ne sont guère sympathiques, toujours à l'âge de la pierre, et sans production artistique majeure.
Cette expo fait tomber mes clichés. Reconnus comme citoyens brésiliens à part entière depuis...1988, les Indiens tentent de se faire une place dans cette immense nation émergeante qu'est le Brésil, à cheval entre la modernité et le refus de laisser mourir leurs traditions. J'ai découvert des céramiques qui valent bien les productions du Pérou, et surtout des parures de plumes absolument fantastiques. Des films en boucle montrent les cérémonies rituelles, qui ont toujours lieu à certaines périodes de l'année, occasion de revêtir de somptueux masques colorés. Jamais rien vu de pareil.
Les traditions religieuses sont très proches de celles des Navajos, sur lesquels j'ai tant lu ces derniers temps.

Un grand regret: ne pas avoir pris des photos. Celles que vous voyez sont piquées sur Google.

mercredi 2 novembre 2011

Corpo/Corpo Aberto ou le corps en feu

Parlons quand même du spectacle. La compagnie Membros est une troupe qui met en scène la violence des jeunes brésiliens défavorisés, pour mieux la dénoncer et intégrer ces mêmes jeunes. Techniques: un mélange de hip hop, de capoeira et de danse classique.
La capoeira, j'en ai vu au Brésil - spectacles de rue payants pour touristes - les jeunes ont compris le filon. N'empêche que c'est intéressant. Comme d'ailleurs le hip hop de rue, même si un acolyte passe avec un chapeau. Avec Membros, on passe à un stade supérieur: le professionalisme, et hip hop capoeira vus comme un art.
Le spectacle avait cet aspect-là, plus quelques épisodes d'expression corporelle pure, sans musique. Très beau visuellement, mais un peu difficile pour un public non averti. Applaudissements froids, pas de rappel, et entendu dans la file du parking, "combien on a payé pour ça"?
C'était aussi l'avis du mec au téléphone, qui après avoir demandé à sa femme "qu'est-ce que ça veut dire ce truc ?", a eu la bonne idée de quitter la loge avant la fin du spectacle, en emmenant ses deux filles.
Et j'ai pu regarder mon hip hop tranquillement.

Les tribulations d'une amateure de danse contemporaine brésilienne

Toujours dans le cadre d'Europalia Brésil, je me réjouissais d'aller voir à Namur Medo, une production de la compagnie Membros, spectacle récemment joué à Paris, et dont j'avais vu des extraits enthousiasmants sur Youtube. Première déception, Medo est remplacé par un autre spectacle, Corpo/Corpo aberto. Pas le choix, de toute façon, c'est la même compagnie. J'achète ma place sur Internet.
Je reçois mon ticket à la billetterie, et comme je suis en avance, je m'offre un Porto au Foyer, et je me plonge dans mon livre du moment (Jonathan Franzen). Pas de chance, la table voisine est occupée par un mec qui n'arrête pas de téléphoner, et ses deux filles (7 et 10 ans), deux paquets de nerfs qui ne tiennent pas en place. Excédée, je me rends à mon siège pour lire tranquillement, et je découvre que je suis casée au dernier rang du deuxième balcon, sur le côté. Assise, je ne vois qu'une petite portion de la scène.
De plus en plus furieuse (vraiment c'est pas mon jour), je retourne à la billetterie, et moyennant un supplément de prix, j'obtiens une place en baignoire de face, au rez-de-chaussée. Je m'installe, heureuse. Bonheur de courte durée, les quatre dernières places de la baignoire sont octroyées à qui ? Au mec - qui à force de téléphoner - a récupéré sa femme, et aux deux gamines insupportables.
Ca c'est une soirée culturelle !!!

mardi 1 novembre 2011

Brazil Brasil

Europalia Brésil bat son plein depuis le début octobre, et il a fallu que je sorte de ma léthargie et des images turques pour m'y intéresser. Vu d'un coup quatre expos: Brazil Brasil (l'art au Brésil depuis le 19ème), Art in Brazil (l'art contemporain version Brésil), Extremes (la photographie au Brésil) et Terra Brasilis (la géographie, faune, flore, expéditions etc.). Les trois premières groupées à Bozar (ce qui facilite la visite) et la dernière - vraiment très intéressante - chez ING Place Royale.
Ma première constatation: je suis allée au Brésil, au mois de février 2005. C'était mon dernier voyage en groupe. Un des plus décevants par ailleurs. Et je me rends compte que le Brésil reste pour moi une terre inconnue. Pourquoi ? Parce que voyager seul(e) oblige à tout apprendre par soi-même pour réaliser un circuit intelligent. Suivre le guide, c'est s'abandonner à la paresse.
Autrement dit, je suis comme les premiers portugais sur la terre du bois rouge, je découvre, je découvre...

jeudi 16 juin 2011

Jeff Wall

Les amateurs de photos connaissent à coup sûr son nom et ses grandes photos dans des caissons lumineux. "Tableaux photographiques", selon l'auteur, c'est-à-dire mises en scène de la réalité, pas toujours spontanées. Wall s'inspire du cinéma, de la peinture, de la littérature, et prétend recréer une sorte de théâtre de la vie moderne.
Expo ambitieuse, s'articulant autour de quelques oeuvres marquantes de l'artiste et de celles d'autres artistes, peintres, écrivains, autres photographes, dont il s'est inspiré. Pour quelqu'un comme moi plutôt néophyte en photographie, passionnant.
Illustrations:
- Le penseur et son poignard dans le dos...
- "The Crooked path", qui donne son nom à l'expo; 5 écrivains de diverses origines ont créé un texte à partir de cette photo; si Magali veut s'y risquer...


Bozar, jusqu'au 11 septembre

mercredi 30 mars 2011

Shen Yun

Hier soir, dans la belle salle du Théâtre National à BXL, un spectacle de danse classique chinoise, dont l'ambition est d'évoquer (vraiment en raccourci) une civilisation de milliers d'années. Je rêvais plutôt d'un opéra chinois, dont je raffole, mais le spectacle surfait davantage sur la vague de la danse ethnique ou folklorique, en une série de tableaux se voulant didactiques, sur une musique d'orchestre hybride (instruments classiques + quelques instruments typiquement chinois).
Ce que j'ignorais (on ne se documente jamais assez), c'est que cette compagnie, basée à New York, et rassemblant des artistes de la diaspora et même de la dissidence, est interdite en Chine parce que diffusant le message de la secte religieuse Falun Gong, persécutée par Pékin.
Rien à dire de la mise en scène, somptueuse, des décors, des costumes, de la technique des danseurs, très au point, mais lorsque les apsaras descendent du ciel pour emporter avec elles le brave garçon tué par la méchante police parce qu'il n'a pas voulu renoncer au livre saint de la secte, on frise la niaiserie. Quand un sympathique tenor enchaîne avec les principes de base du falun Gong, ou que le maître apparaît, tout de blanc vêtu, intermédiaire entre un moine bouddhiste et un sénateur romain, c'est limite aussi. J'ai cependant passé une bonne soirée, visuellement parlant. Quant au message...même Poutine et Medvedev, en s'affichant à certaines cérémonies du culte, ont compris qu'il faut lâcher du lest dans ce domaine ! Interdire cette secte naïve ne fait que la conforter, non ?

mercredi 16 mars 2011

Le cercle de craie caucasien

Une pièce fleuve de Bertold Brecht - 50 personnages - mise en scène par Jasmina Douieb (ne me demandez pas qui c'est mais n'oubliez pas le nom); le tout avec quelques coupures, et  les 50 rôles joués par 7 acteurs fabuleux, qui changent de personnage et de costume devant le public (pas de coulisses) !!! Un mélange de burlesque (un petit côté Ubu roi), d'épique, de tragico-comique, sur les thèmes favoris de Brecht, avec des marionnettes, des chansons, des poèmes, des acobaties. On ne s'ennuie pas une seconde.
Pour ceux qui veulent la clé du titre: il s'agit de départager à la Salomon deux mères qui réclament le même enfant; qui l'emportera, la génitrice ou celle qui l'a élevé ? Je vous laisse deviner.
A Fleurus, ferme de Martinrou - avec une pensée pour mes filles Emmanuèle et Delphine, qui se sont mariées le même jour, repas dans la salle voisine du théâtre- et... j'espère que Raymond lit ce billet - à la Maison des jeunes et de la culture à Comines-Warneton...